Comparée à de nombreuses techniques corporelles ou psycho-corporelles, la TA offre l’intérêt d’une approche globale, progressive et surtout indirecte.
Sa caractéristique principale, le « non-faire », suppose une absence de contrôle direct du cortex sur le corps. C’est donc à tort que la TA a pu être présentée comme une technique posturale ou comportementale.
Ses procédures et mouvements permettent au pratiquant de réaliser une activité avec un minimum de contrôle. Ils sont un apprentissage du « laisser-faire » et ne peuvent en aucun cas être considérés comme des exercices à reproduire. En ce sens, la TA ne propose aucun modèle de développement personnel ou physique.

Comme méthode indirecte, la TA ne peut prétendre guérir, soigner ou résoudre un problème physique ou psychique. Cependant une pratique durable peut entraîner de profonds changements, tant physiques que psychologiques. Dans la mesure où elle invite le pratiquant à se défaire de certaines « habitudes », elle s’apparente à un passage du connu vers l’inconnu. Ce passage, ce dessaisissement, est l’un des aspects les plus intéressants de la méthode. Il invite à plus d’ouverture, à moins de résistance. Les changements les plus fréquemment observés relèvent du domaine psycho-physique : diminution de la douleur, amélioration de l’équilibre, de la respiration, de l’image de soi et de l’état émotionnel. Mais bien d’autres changements peuvent survenir en fonction des personnes et de la durée du travail.

Comparée aux « techniques traditionnelles » (yoga, méditation), la TA semble présenter de nombreuses similitudes étant donné son approche de la relation corps-esprit. A la fin de sa vie, Alexander considérait sa méthode comme un « chemin de sagesse » conçue pour l’homme d’aujourd’hui en raison des problèmes posés par la société moderne. Il n’est pas certain que la TA puisse prétendre à ce rôle, et peu probable qu’une sagesse soit encore possible aujourd’hui. Mais l’originalité de cette méthode est justement de permettre une approche de l’activité humaine en dehors de tout horizon religieux, spirituel ou idéologique. L’objet de la TA est la vie considéré comme processus psychophysique. C’est l’accent porté sur les moyens (inhibition et direction) et non sur le but qui en fait un cheminement, plutôt qu’une sagesse. A l’ancien idéal de réalisation et de maîtrise, la TA semble opposer un chemin sans but dont l’acceptation invite à une forme de tranquillité.

Au premier regard, tout semble opposer la TA et la psychanalyse. Travail conscient d’une part, travail de l’inconscient de l’autre. Distinctes par leurs méthodes et par leurs objets, ces deux pratiques gagneraient pourtant à ne pas s’ignorer. Le travail de la TA est toujours celui d’un sujet mû par une histoire personnelle. Que désirons nous à travers la TA ? Un renforcement du moi ou bien une ouverture ? Est-elle un faire ou un défaire ? Dans quelle mesure touche t-elle à notre inconscient ? Dès lors que TA et psychanalyse peuvent conduire à une modification du moi, c’est dans leur visée que ces deux pratiques semblent moins éloignées qu’il n’y paraît.